Cellules sommatiques, une situation nationale qui se stabilise

Dans le cadre du plan  national "Les mammites, j'anticipe !", un état des lieux des cellules a été réalisé par l’Institut de l’Elevage à partir des données collectées par les organismes de contrôle de performances (réseau Conseil Elevage). Il est aujourd’hui possible de suivre l’évolution de la moyenne nationale en cellules somatiques de 2000 à 2014 (figure 1).
 
Après une forte dégradation du nombre moyen de cellules somatiques jusqu’en 2009, nous observons une stabilisation. En 2014, la moyenne en cellules somatiques est équivalente à celle de 2009 (308 000 cellules par ml de lait).
 
Les mammites et les cellules restent un sujet d’actualité pour la filière laitière.
 
Nous observons que les niveaux moyens en cellules somatiques diffèrent entre les 18 régions étudiées. Mais les tendances d’évolution restent les mêmes.

Evolution de la moyenne nationale en cellules somatiques de 2000 à 2015 Evolution de la moyenne nationale en cellules somatiques de 2000 à 2015.

Mammites et cellules, même combat !

La mammite est une infection de la mamelle par des bactéries qui pénètrent par le sphincter du trayon. Cette infection déclenche une réaction inflammatoire associée à un afflux de globules blancs (ou leucocytes) dans la mamelle, ce qui augmente le nombre de cellules somatiques dans le lait. C’est une réaction naturelle de défense contre l’agression par les bactéries.

Quelle analyse pour les cellules ?

Les cellules somatiques sont dénombrées dans le lait dans le cadre du paiement du lait à la qualité instauré en 1969. Les teneurs en cellules somatiques ne doivent pas dépasser le seuil réglementaire fixé par l’UE (< 400 000 cellules/ml de lait en moyenne). Quel que soit le lieu de production et de collecte en France, les mêmes principes de prélèvement et d’analyse du lait sont appliqués pour déterminer cette qualité. Les laboratoires interprofessionnels utilisent des matériels autorisés et validés par le Ministère de l’Agriculture. Le CNIEL assure une harmonisation des méthodes  appliquées par ces laboratoires qui sont également accrédités par le COFRAC. Le même principe d’analyse est appliqué au contrôle laitier et au paiement du lait.

L’analyse des données épidémiologiques, une aide pour identifier les facteurs de risque dans l’élevage

L'étude épidémiologique des mammites permet de dégager le modèle dominant de contamination dans l’élevage et de donner une orientation pour identifier les facteurs de risques (machine à traire, ambiance du bâtiment, traitements…). Rappelons que les causes des mammites en élevage sont multifactorielles.

Le calcul de 3 indicateurs à partir des données cellules apporte des éléments clés sur les dynamiques des infections dans les troupeaux. Depuis 2000, l’évolution de ces indices a été suivie pour l’ensemble des vaches au contrôle de performances (figure 2).

- Indice de nouvelles infections en lactation. Il permet d’estimer les nouvelles infections apparues en cours de lactation afin d'évaluer l’efficacité de la prévention des mammites. De 2000 à 2014, nous observons une amélioration faible mais régulière des nouvelles infections en lactation.

- Indice de nouvelles infections au cours de la période sèche. Il permet d’évaluer si la période sèche et après vêlage sont à risque vis-à-vis des infections mammaires. De 2000 à 2014, nous observons une amélioration faible mais régulière des nouvelles infections au cours de la période sèche.

- Indice de guérison au cours de la période sèche. Il permet d’évaluer l’élimination des infections, notamment par estimation de l’efficacité des traitements. De 2000 à 2014, nous observons une évolution positive des guérisons en période sèche.

Globalement, les indicateurs de dynamique d’infection sont en amélioration continue depuis plusieurs années (moins de nouvelles infections, plus de guérison) mais les niveaux d’infection des troupeaux restent encore trop élevés.

Evolution de l'indice de nouvelles infections en lactation entre 2000 et 2015 Evolution de l'indice de nouvelles infections en lactation entre 2000 et 2015.

Evolution de l'indice de guérison en période sèche (tarissement) entre 2000 et 2015.

Méthodologie pour l’état des lieux des cellules et des mammites

Plusieurs bases de données nationales sont utilisées :

SNIG (Système National d’Information Génétique) : base de données nationale qui regroupe l’ensemble des données des contrôles élémentaires des vaches suivies dans le cadre des contrôles de performances (production laitière, TB, TP, Concentrations Cellulaires,…). Elle est gérée par le CTIG (Centre de Traitement de l’Information Génétique) et l’Institut de l’Elevage.

SINAPS : base de données du CNIEL qui regroupe à l’échelle nationale, régionale et/ou départementale des données structurelles des exploitations laitières (nombre de vaches, références moyennes…) et des données des analyses réalisées dans le cadre des accords interprofessionnels pour le paiement du lait à la qualité (données « lait de tank »).